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La lutte marocaine, du podium africain aux marges du continent : quand le sport est géré par hasard, la défaite devient une identité

D’Alexandrie à Rabat… comment la lutte marocaine est devenue un sport “oublié” qui interroge l’image du Maroc en Afrique

La participation de l’équipe nationale marocaine de lutte (U17) au championnat d’Afrique organisé dans la ville d’D’Alexandrie les 27 et 28 avril 2026, ne peut être réduite à un simple bilan sportif. Trois médailles de bronze et une 8e place finale ne racontent qu’une partie de l’histoire.

Pour de nombreux observateurs, il s’agit plutôt d’un signal d’alarme révélant une fragilité structurelle profonde d’un sport olympique historique au Maroc, au moment où la lutte devient en Afrique un outil de puissance sportive, d’influence et de prestige continental.

Pendant que l’Égypte domine avec 29 médailles, que la Tunisie s’impose avec 20 médailles et que l’Algérie s’installe sur le podium avec 14 médailles, le Maroc apparaît presque en marge de la carte africaine de la lutte. Pourtant, il ne s’agit ni d’un sport nouveau ni marginal, mais d’une discipline olympique fondatrice de l’identité sportive mondiale.

Au-delà des chiffres, la crise est institutionnelle. La gestion des fédérations sportives, notamment la Fédération royale marocaine de lutte et sports assimilés, est souvent pointée du doigt pour son manque de vision stratégique et de structuration territoriale. Le sport reste concentré dans quelques villes historiques, sans réelle politique de massification ni de formation de base.

Dans les coulisses, une critique récurrente revient : celle d’une gouvernance sportive où les responsabilités se diluent entre communication médiatique et gestion administrative, pendant que les disciplines concernées s’affaiblissent progressivement sur le terrain.

Cette situation interroge directement le rôle du ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports ainsi que celui de la Direction des sports. La question n’est plus uniquement celle des résultats, mais celle du contrôle effectif des fédérations, de la transparence des budgets publics et de l’évaluation réelle des performances.

Car pendant que certaines fédérations émergentes sont soumises à des procédures strictes de reconnaissance et de conformité, d’autres structures historiques semblent évoluer dans une zone de confort institutionnelle, malgré des résultats sportifs en déclin.

Dans un contexte africain marqué par une compétition sportive de plus en plus stratégique, cette situation dépasse le cadre technique. Elle touche directement l’image du Maroc sur la scène continentale, au moment où le sport devient un levier de diplomatie et de puissance douce.

L’enjeu n’est donc plus seulement sportif. Il est structurel, institutionnel et même symbolique : celui d’un pays qui doit choisir entre la gestion administrative de ses fédérations ou la construction d’une véritable politique de performance sportive.

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