Douze secondes ont suffi pour renverser complètement le scénario à l’UFC 331. Sean Sharaf n’a eu besoin que d’un crochet du gauche pour envoyer Gable Steveson au sol, avant que l’arbitre Frank Trigg n’intervienne à la douzième seconde pour mettre fin au combat dans la Crypto.com Arena de Los Angeles. Ce n’était pas simplement une victoire expéditive : il s’agissait de l’une des plus grandes surprises jamais enregistrées dans la catégorie des poids lourds de l’UFC, et du troisième K.-O. le plus rapide de l’histoire de cette division, selon CBS Sports.
— mmamag (@mmamagma) September 20, 2026
Steveson abordait pourtant ce combat avec un parcours différent de celui de la plupart des jeunes combattants de l’organisation. Champion olympique de lutte libre en 2020 et double champion NCAA, il avait ensuite parfaitement réussi ses débuts en MMA avec quatre victoires consécutives, dont une première victoire à l’UFC contre Elisha Ellison. Son nom commençait donc naturellement à circuler parmi les projets susceptibles de rejoindre, à terme, les hauteurs de la catégorie des poids lourds. Les analyses précédant le combat voyaient d’ailleurs cette opposition face à Sean Sharaf comme une nouvelle étape dans son ascension.
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Mais tout cela a perdu son importance dès que le combat a commencé.
Steveson a ouvert les hostilités avec une tentative de low kick avant de chercher à gérer l’avancée de son adversaire en levant les mains pour fermer les angles. C’est précisément à cet instant que Sharaf a trouvé l’espace qu’il attendait. Un crochet du gauche est parti, a touché Steveson de plein fouet et l’a immédiatement envoyé au tapis. Sharaf a ajouté quelques frappes au sol avant que l’arbitre ne mette fin au combat. Steveson n’a tout simplement pas eu le temps de montrer si sa lutte olympique pouvait faire la différence face aux exigences du combat debout, des distances et des échanges en MMA.
Les chiffres qui précédaient le combat rendent le résultat encore plus saisissant. Sharaf restait sur deux défaites consécutives à l’UFC, toutes deux par K.-O., tandis que Steveson affichait un bilan parfait de 4-0 en MMA. Certaines cotes de paris donnaient même Steveson largement favori, avec une cote de -2400 contre +1200 pour Sharaf avant le combat.
Puis tout s’est inversé.
Pour Sharaf, ce n’était donc pas seulement la fin d’un combat qu’il était censé aborder en position d’outsider. C’était sa première victoire à l’UFC après deux défaites consécutives, et elle porte désormais son bilan professionnel à 5-2. Pour Steveson, la soirée marque la première défaite de sa carrière professionnelle en MMA et fait passer son bilan à 4-1.
Après sa victoire, Sharaf n’a d’ailleurs pas parlé comme un homme surpris par ce qui venait de se produire. Toute la semaine, il avait affiché sa confiance dans sa capacité à battre Steveson. Après le K.-O., il a repris le même discours devant le micro, avec davantage de bruit encore, expliquant qu’il avait énormément travaillé et qu’il avait continué à croire en lui alors que les autres ne le faisaient pas.
De l’autre côté, la soirée a été beaucoup plus difficile à encaisser pour Steveson. Le lutteur olympique a rapidement quitté la cage après l’arrêt du combat, une attitude qui a ensuite suscité des critiques de la part de certains combattants sur les réseaux sociaux. Mais au-delà de ces réactions, le constat sportif est beaucoup plus simple : Steveson n’a même pas eu le temps de tester son plan de combat.
Jon Jones se trouvait justement au premier rang. Leur relation ne date pas de cette soirée : Jones avait déjà accompagné Steveson dans sa transition de la lutte vers les arts martiaux mixtes et se trouvait cette fois encore à ses côtés. Les caméras de l’UFC ont capté sa réaction immédiatement après le K.-O., avant de le voir échanger un regard avec l’entraîneur Greg Jackson alors que la surprise gagnait clairement le camp de Steveson.
Mais la présence de Jones ne change pas la question qui se pose désormais à Steveson. Le passage de la lutte olympique au MMA représentait pour lui un projet à long terme, et cette défaite intervient encore très tôt dans son parcours. Son premier combat contre Elisha Ellison avait montré sa capacité à imposer une forte pression, mais il avait duré plus de deux minutes. Le duel face à Sharaf devait justement apporter de nouveaux éléments sur son évolution en tant que combattant complet.
Au lieu de cela, le test s’est terminé avant même d’avoir véritablement commencé.
Il est donc difficile, à ce stade, de savoir exactement ce que cette défaite changera pour la suite de sa carrière. Un seul K.-O. ne permet pas d’affirmer que le projet Steveson a échoué, pas plus qu’il ne suffit à placer automatiquement Sharaf parmi les prétendants au titre. Ce que cette soirée établit, en revanche, est beaucoup plus concret : le bilan de 4-0 appartient désormais au passé et la trajectoire qui semblait s’ouvrir devant Steveson après ses débuts parfaits devra être reconstruite.
Sharaf, lui, vient d’obtenir en une seule soirée le genre de victoire qu’il attendait depuis son arrivée à l’UFC. Douze secondes plus tôt, il était le combattant qui restait sur deux défaites dans l’organisation. Douze secondes plus tard, il était celui qui venait d’éteindre l’un des noms les plus suivis de la nouvelle génération des poids lourds.
Dans une catégorie où quelques secondes peuvent suffire à tout changer, toute cette différence aura tenu en douze secondes.


