À Las Vegas, cette ville où les légendes naissent et s’effondrent la même nuit, le combat entre Farès Ziam et Nazim Sadykhov lors de l’UFC 323 n’était pas un simple affrontement de plus sur une carte déjà bien remplie. Ce qui s’est joué dans l’octogone relève d’une autre dimension : celle du passage de statut, du moment où un « bon combattant » devient un projet sérieux pour l’élite.
Ziam n’est pas entré dans la cage pour gratter une décision. Il est entré comme si quelque chose devait être écrit dans le marbre… ou brisé à jamais.
Round 1 : Construire la domination avant la tempête
Dès les premiers échanges, une chose est apparue avec clarté : Farès Ziam avait un plan, et il comptait l’imposer. En clinch, là où la force physique rencontre la volonté mentale, le Français d’origine algérienne a cherché à prendre l’ascendant. Changements de niveau, pression contre la cage, amenée au sol parfaitement exécutée.
Au sol, il prend le dos, verrouille un triangle de corps, cherche l’étranglement. Sadykhov résiste. Une résistance physique, mais déjà le combat lui échappe mentalement.
Ce premier round était un avertissement clair : le tempo, le territoire, le contrôle — tout appartenait à Ziam.
Round 2 : Quand le silence frappe plus fort que le bruit
Dans les grands combats, l’esprit cède souvent avant le corps. Au début du second round, le combat s’est déplacé vers un autre terrain : celui de la psychologie. Ziam est devenu plus calme, plus précis, plus impitoyable dans ses choix.
Gestion parfaite de la distance, déplacements intelligents, frappes nettes. Sadykhov bouge, mais recule. Cherche une ouverture… qui ne viendra pas.
Et soudain — en une fraction de seconde — ce coude. Un coude venu d’ailleurs. Pas une simple frappe : une signature. Un point final. Sadykhov s’effondre. Quelques coups au sol. L’arbitre intervient. Rideau.
Plus qu’une victoire : une transition
Avec ce TKO au deuxième round, Farès Ziam ne signe pas seulement une nouvelle victoire : il change de dimension. Six succès consécutifs à l’UFC. Un deuxième finish spectaculaire après celui infligé à Matt Frevola à Paris. Un bilan porté à 18 victoires contre 4 défaites.
Mais le moment le plus révélateur n’est pas inscrit sur la feuille de match. Il se trouve dans cette phrase :
« Je ne veux pas le top 15, je veux le top 10. »
Ce n’est pas du marketing. C’est une déclaration de guerre sportive. Une mentalité forgée par la rue, le travail, le silence et la faim de reconnaissance.
Entre sport et identité : une trajectoire qui dépasse la cage
Farès Ziam n’est pas seulement un combattant français. Il est le produit de deux mondes : celui des quartiers où l’on apprend à encaisser très tôt, et celui de racines nord-africaines où l’on apprend à ne jamais plier.
Chacun de ses combats porte, en filigrane, une autre lutte : sociale, identitaire, existentielle. Sa victoire n’est pas seulement sportive. Elle est symbolique.
Conclusion : quand le coude raconte plus qu’un discours
À une époque où les réseaux sociaux font beaucoup de bruit, Ziam a choisi une autre voie : celle du silence, du travail, puis de l’explosion.
Un seul coude.
Mais un écho jusqu’au top 10.
Et peut-être bien au-delà.


